Vider la mer pour s’en souvenir

Cette Proposition chorégraphique et plastique interroge la lutte du corps face au temps et la gravité.

Pour réinvestir cette thématique chère à la danse contemporaine, nous avons développé, en collaboration avec la plasticienne Lucille Giralté, une scénographie basée sur des fils d’aplomb avec pierres en suspension. La présence de ces pierres, masses immuables, offre inscrit la perspective d’une lisibilité des déséquilibres des corps et de leurs fragilités.Dans l’optique d’inventer de nouvelles interactions entre les spectateurs et l’espace, la plasticienne Marion Dupressy propose une sonorisation disposée en plusieurs points, reliant les laps et les corps dans un jeu de confrontation des surfaces sonores et concrètes.

Conçu comme une expérimentation sensorielle, « Vider la mer pour s’en Souvenir » invite performeurs et observateurs au partage d’un lieu. Exploration de l’espace, découverte des corps, et préhension du lieu sont incités par une lumière minimaliste et un temps réel. Cette nécessité d’un temps palpable pour le spectateur lui permettant de faire partie d’un ensemble, tant par présence de corps que par son choix de regard, nous questionne sur les objectifs du spectacle et ses aboutissants. Car c’est en balisant les frontières entre performers et témoins que l’on partage les responsabilités et réaffirmons notre capacité à prendre position face à l’image. Cette réalité temporelle éveille la sensibilité du spectateur sur des notions de présence de corps et de choix de regard.

Dans une interaction directe, le corps du danseur se nourrit de l’espace pour définir ses codes esthétiques et kinésiologiques. Ce qui lui permet de trouver un mouvement réflexe, un accident provoqué qui ferme la porte a toute répétition et même a la notion de chorégraphie. Ce retour aux fondamentaux de la performance, lieux, corps, actions me permet de explorer la mécanique du corps, son rythme, son vieillissement. Les différents stratèges que l’homme utilise pour maquiller ce déclin annoncé ainsi que les affects qui en découlent, sont comme un rempart à ce que Michel Foucault appelait sa « topie impitoyable » ; ce corps d’où on ne sort jamais, lieu indivisible et unique, nous condamne à assister a son inévitable chute.

Cet univers élabore une poésie des contraires, entre la douceur des corps et la dureté de la roche, la suspension des pierres face à l’énergie des corps, le permanent et l’impermanent.

Chorégraphe : Charles Vannier
Interprètes : Lucie Germon, Cécile Barbedette
Scénographie : Lucille Giralte
Création sonore : Marion Dupressy
Régie plateau : Julie Méreau

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