Kuro Shiro

Rencontre sur la toile entre une danseuse, un musicien et un peintre, Kuro Shiro est un jeu entre l’ombre portée d’un corps et le trait qu’il inspire. Trio synergique, il s’agit de peindre la musique, jouer la danse, danser la peinture. Le corps, centre créatif et outil de communication, dégage une harmonie pour un dialogue éphémère, une source d’émotions qui déchire le voile de l’immédiateté.

De la volonté de faire se croiser tradition et modernité, Kuro Shiro – 黒 白 – traduit un partage entre les intervenants, qui dialoguent via leurs disciplines respectives. Composé de musique issue des traditions coréennes, de danse khmer improvisée et de peinture contemporaine à l’encre de chine, cette performance transpose les vibrations sonores en spectre visuel.

Au départ, la réception du son par le corps génère une sorte d’anthropométrie contemporaine : comme l’entendais Yves Klein, on cherche l’empreinte du corps en mouvement. Or, Kuro Shiro transpose la notion de pinceau vivant en conservant l’unique trait de pinceau, mais en additionant l’interaction du corps avec la musique. Celle-ci s’imprime par le corps, et l’encre suit son mouvement. L’ombre portée sur le papier devient le trait d’union entre la musique et la peinture.

Cumulant les métaphores, le tableau devient noir d’encre et révèle la fragilité des frontières relationnelles via celle du papier. Lorsque celui-ci se déchire, derrière la surprise des spectateurs, apparaissent les liens retrouvés entre les artistes et leur public, dans leurs différences et leurs diversités. Cela s’accorde bien à l’une des dimensions propres à l’art, consistant à unir les êtres tout comme à leur transmettre. Comme le soulignais Chu Ta : « Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux ; et nous nous comprenons, n’est-ce pas, en un seul sourire. »

Chorégraphe : Charles Vannier
Interprètes : Yon Costes ( peinture ), Balir Ben Amor ( percussions ), Ken Kunthéa ( danse )

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